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 Sujet du message: tien donc
MessagePublié: 16 Jan 2003, 20:37 
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--- cemessage était un complement du topic http://forum.micro.info/viewtopic.php?t=21220 ---

Voilà un communiqué qu'un ami m'a fait suivre par courriel, nous pouvons mieux comprendre dans quel optique les étudiant de sociologie de L'UQAM ont délenché une grève..

Communiqué
Pour diffusion immédiate



De : Association étudiante du premier cycle de sociologie de l’UQÀM (AÉSPC-UQÀM)

À : Toutes les associations étudiantes



Les étudiantes et étudiants de sociologie de
l'UQÀM entreront en grève le 16 janvier



Depuis des mois l’association de sociologie se bat comme tant d’autres contre le processus de rationalisation des programmes. Nous avons ainsi fini par poser à la direction de l’UQAM un ultimatum qui a donné lieu à une rencontre avec le recteur et au malheureux constat d’insatisfaction de nos attentes. Nous voulions que la direction agisse, avant le 6 janvier, pour :

Une baisse de la moyenne cible (nombre moyen d’étudiantes et étudiants par groupe cours).
Le respect de la liberté de choix dans le parcours de formation.
L’abolition du contrat de performance signé avec le MEQ.
Que le recteur fasse pression auprès des gouvernements pour obtenir un refinancement public massif et inconditionnel des universités.


Sans quoi nous allions le faire, ce que nous faisons actuellement.



Comment en est-on arrivé là? Pour celles et ceux qui n’en auraient pas encore entendu parlé, voici un bref historique



En sociologie, le programme de baccalauréat a récemment connu une réforme pour répondre aux critères imposés par la rationalisation des programmes, qui est la conséquence fâcheuse d’un problème chronique de sous-financement public des universités auquel le MEQ (ministère de l’Éducation) a cru pouvoir répondre en appliquant une logique de marché à l’enseignement… Beaucoup de programmes dans l’UQAM se sentent pour l’instant protégés ou même à l’abri. C’est cependant loin d’être le cas, malgré les vœux pieux de notre recteur.



En 2000, au Sommet du Québec et de la Jeunesse, le ministre François Legault a relancé l’idée du financement conditionnel des universités, ce qui a mené à la signature entre l’UQAM et le MEQ d’un contrat de performance, comme cela s’est fait dans toutes les universités québécoises. Les objectifs de rentabilité imposés par ce contrat obligent l’université à produire plus de diplômes à moindre coût si elle veut avoir droit à une part infime des fonds qui lui ont été retirés depuis des années par le gouvernement.



La logique est simple : pour augmenter la rentabilité de l’université, il faut augmenter le nombre d’étudiantes et d’étudiants par classe, diminuer le nombre de cours offerts, et donc, dans l’idéal, créer des cours communs bondés. C’est ce qui se passe en ce moment même avec l’augmentation de la moyenne cible et les réformes de programme, comme cela se fait en sociologie. Pour procéder à ces réformes, la commission des études a entre autres décidé d’imposer la mesure des 18 crédits d’ouverture. C’est-à-dire qu’hormis les programmes rentables ayant obtenu une dérogation (sciences humaines en faisant rarement partie), les autres se voient contraints de forcer les étudiantes et étudiants à suivre six cours devant obligatoirement être pris en dehors de leur discipline.



Cet assujettissement de l’éducation à la logique marchande se fait bien évidemment au détriment de la qualité de l’éducation, mais aussi des droits démocratiques des étudiantes et étudiants. La direction, pour faire avancer le processus, est souvent passée par-dessus – ou à tout le moins à coté – de ses propres instances démocratiques. Le comité de programme, instance de décision où sont représentées les parties étudiantes et professorales, a notamment été ignoré ou manipulé dans bien des cas pour servir cette fin.



Ce processus ne s’est pas fait sans réactions. Voilà trois ans qu’étudiantes et étudiants se battent pour l’université et son autonomie. L’Agesshallc-UQÀM, dans un premier temps, et, aujourd’hui, une poignée d’associations étudiantes tente de se faire entendre.



Suite à une réforme clairement imposée, l’Association Étudiante du Module d’Histoire (AEMH) est partie en grève le 9 octobre dernier, et ce, durant quatre semaines. Durant cette grève, l’Association Facultaire Étudiante de Sciences Humaines (AFESH-UQÀM), lors de son assemblée générale du 17 octobre, a adopté une plateforme de revendications contre la rationalisation, pour l’abolition de la mesure des 18 crédits, pour une baisse de la moyenne cible de l’UQÀM à 30 (celle-ci étant à 41 ), pour un réinvestissement massif en éducation, et pour le respect de la souveraineté des comités de programme.



Des moyens de pression sont déjà déployés depuis longtemps et cette grève s’inscrit dans l’escalade des moyens de pressions permettant de mettre la direction en face d’une simple réalité : nous ne nous laisserons pas faire et nous sommes prêtes et prêts à agir ! Si nous, étudiantes et étudiants, nous n’agissons pas pour améliorer les conditions d’enseignement demandons-nous qui le fera... Cette session pourra être l’occasion d’organiser pleinement la lutte.



Voilà pourquoi, vous l’aurez compris, nous sollicitons votre appui, en informant vos membres, en adoptant des positions claires en assemblée générale, en nous envoyant des lettres d’appui ou même en organisant vous-mêmes des moyens d’action au sein de votre association. Vous pouvez aussi venir nous aider au local de l’association de sociologie pour vous joindre à nos moyens d’action, il nous fera plaisir de vous accueillir.


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